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Jeudi 10 juillet 2008
Que dire pour défendre Ségolène Royal ? Rien. On cherche vainement une raison qui pourrait justifier un tant soit peu les accusations à peine voilées qu’elle a portées mardi soir contre le «clan Sarkozy». L’ancienne candidate a bien été cambriolée, expérience toujours traumatisante d’autant qu’elle s’est répétée. Mais des millions de Français ont été cambriolés au fil des années. Rares sont ceux qui ont incriminé le président de la République…

D’où vient cette hypothèse sensationnelle ? On ne sait. Rien dans l’enquête, rien dans l’appartement mis à sac, rien dans les milieux judiciaires. Une hypothèse fondée sur une supposition montée en soufflé dans un 20 Heures. Un «J’accuse» écrit sur du vent.

Le silence des partisans de Ségolène Royal est éloquent, autant que les contre-attaques pataudes de certains socialistes solidaires par devoir, même si l’agressivité mauvaise des leaders de l’UMP donne un sentiment de malaise, tout comme la connotation machiste de certains arguments.

L’opposition, dit-on, doit s’opposer. Certes. Les sujets manqueraient-ils ? L’indépendance de l’audiovisuel public, la liquidation des 35 heures, les sarcasmes antigrève : sans doute des sujets trop classiques. Un Watergate à Boulogne : voilà qui fera parler. En effet…

Par sa spontanéité, Ségolène Royal avait fait passer un frisson de nouveauté dans une gauche engoncée. Mais le «parler vrai» ne s’accommode guère du parler en l’air. La sagesse commune dit qu’on se pose en s’opposant. Mais on ne s’oppose pas en gaffant…

source : Libération
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