Mercredi 12 décembre 2007
Selon
l'Express, sa "plus belle histoire" n'est pas forcément la plus exacte.
Certes, le récit du rendez-vous avorté de Ségolène Royal avec François Bayrou, le 23 avril, alors qu'elle voulait lui proposer d'être son Premier ministre en cas de victoire, a fini par être
confirmé, à force de démentis alambiqués du leader du MoDem. Il n'empêche : le dernier ouvrage de l'ex-candidate socialiste est truffé d'erreurs, volontaires ou non.
Son dernier ouvrage est truffé d'erreurs, volontaires ou non.
Pour certaines, c'est même un bis repetita. Ainsi le baptême des filles de Jean Jaurès, qu'elle évoquait déjà en mars dans son livre Maintenant: Jaurès a bien eu deux enfants, mais une
seule fille. Qu'importe, la voici qui reparle de Jaurès et de "ses filles", page 22 de Ma plus belle histoire, c'est vous (Grasset). A moins qu'il ne s'agisse d'une simple
étourderie, la même qui lui fait oublier un "n" au nom de Patrick Mennucci, l'un de ses premiers et plus fidèles soutiens. Ségolène Royal raconte, page 45, que le fabiusien Claude
Bartolone met deux mois avant d'accepter de prendre en charge les relations avec la presse. Ce n'est pas ce qu'écrit l'intéressé dans Une élection "imperdable" (l'Archipel), publié en
juin : il raconte avoir accepté de travailler avec elle le jour même de leur rendez-vous. Celui-ci eut lieu à 17 heures et l'accord fut scellé dans la foulée.
"François Hollande, récemment, a parlé de revenir", écrit Ségolène Royal, page 288. Elle le connaît assez pour savoir qu'il ne démentira jamais une information privée. Et l'entendre répondre "Je
suis heureux dans ma vie", lui d'ordinaire si silencieux, donne toute la mesure de son exaspération... Le 28 novembre, il affirmait, sur France 5, qu'il reparlait "personnellement et
politiquement" avec son ex-compagne. "Personnellement", on ne demande qu'à le croire ; "politiquement", l'ambiance n'est pas au tête-à-tête, même courtois. A ce jour, aucun rendez-vous
"Royal" n'est inscrit sur l'agenda du premier secrétaire.
A plusieurs reprises dans son ouvrage, l'ex-candidate assure que le PS a refusé d'organiser le meeting qu'elle souhaitait opposer, le 14 janvier 2007,
à l'intronisation en grande pompe de Nicolas Sarkozy par l'UMP. Elle avait même suggéré, insiste-t-elle, qu'il ait lieu à Montpellier. "C'est totalement faux. Il n'en a jamais été
question, se souvient l'un des membres de la direction du PS qui participait aux réunions de campagne. A ce moment-là, Ségolène Royal ne souhaitait aucune expression politique ; elle était dans
la phase des débats participatifs." Jean-Christophe Cambadélis, présent lui aussi, à cette époque, lors de ces rendez-vous hebdomadaires, confirme en revanche que François Hollande a
refusé un meeting le 26 novembre 2006, jour de l'investiture de Royal : "Avec François Rebsamen et Patrick Mennucci, nous avions proposé, pendant la campagne interne au PS, un grand rassemblement
après le vote des militants, afin d'afficher notre unité recouvrée autour du vainqueur. Le premier secrétaire ne l'a pas voulu, sous prétexte qu'il fallait préserver la parole du candidat ou de
la candidate jusqu'à la rentrée de janvier."
Un simple conseil national intronise donc Ségolène Royal. Elle a gardé en mémoire les mines défaites des ténors, "qui ruminent" au premier rang, le 26 novembre, à la Mutualité, et notamment le
visage fermé de Dominique Strauss-Kahn. Elle oublie juste de rappeler qu'elle n'a pas eu un geste, pas un mot pour DSK, qui vient alors de perdre sa mère. Elle dit, page 122, que
Nicolas Sarkozy aurait appelé, "en direct", des gens de son entourage - "Kouchner, Lang, DSK" - pour la déstabiliser à la veille du débat entre les deux tours avec François Bayrou. Lang
et DSK, pour ce qui les concerne, démentent formellement cette conversation avec l'adversaire.
Alors, son livre semble bien être le ramassi de mensonges du même niveau que ceux qu'elle étale sans sourciller depuis des mois ... dire qu'il y a encore des gens qui croient en elle ...
pauvres naïfs !
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